9 août 2007
Au cours
de mes vacances j'ai eu l'occasion de me rendre à Paris. J'en ai profité pour
visiter l'exposition So Watt initiée par la Fondation EDF à l'espace Electra (6 rue Récamier Paris 7eme arrondissement).
J'y ai
passé un très bon moment. Je vous invite à vous y rendre. Et pour vous en
parler en quelques mots... Vite car l’exposition se termine le 9 septembre
2007.
D'abord
j'ai trouvé le lieu parfaitement propice à la découverte. Les salles ont toutes
des murs noirs et des éclairages ne sont apportés que spécifiquement aux
étalages exposés. L'ambiance y est ainsi feutrée et on se concentre d'autant
plus facilement sur le contenu.
Côté
contenu on y découvre des projets autour de l'électricité qui tente de marier
design, développement durable et esthétisme. Des projets issus de cabinets de
design de différents pays y sont présentés soit en prototype abouti soit en
simple maquette. On peut découvrir certains projets plus globalement au sein
d'un reportage vidéo projeté en boucle qui offre l'avantage de montrer les
designers qui en sont à l'origine.
Certaines
idées sont séduisantes. La plupart cherche à rendre visible l'énergie que l'on
consomme et modifie donc notre rapport à celle-ci. Chaque projet est à sa façon
un pari, celui d'aider le citoyen dans sa volonté de changer de comportement
face à l'énergie qu'il consomme.
Je suis
tout à fait d'accord avec cette vue : les citoyens sont des précurseurs et en
face il faut des concepts et des produits qui fassent échos à leur préoccupations.
Ma démarche de co-création avec les entreprises ne dit pas autre chose et plus
particulièrement mes projets 1 million de DVD pour la planète, Maison Web ou
encore Peluches durables.
Voici
quelques mots sur les projets qui m'ont le plus interpellées.
In Luce
In Luce
est un projet italien qui vise à projeter sur les lieux publics le coût de
l'énergie publique en temps réel. On le sait peu mais le coût de l'énergie
varie en permanence d'une seconde à l'autre. Dans ce projet, un bâtiment facilement
visible par tous les habitants d'un quartier fait apparaître une lumière rouge
sur sa façade quand le coût de l'énergie est important. Chacun peut en
conséquence réagir en adaptant sa consommation, sous entendu chacun peut
reporter une consommation énergétivore quand le clocher de l'église passe au
rouge.
Matérialiser
par des couleurs ou une autre représentation des données tirées d'un évènement
distant est une voie déjà exploitée notamment par le lapin Natazbag.
A terme à
mon avis nous pouvons nous attendre à voir apparaître des applications qui nous
donnent un retour sur nos propres actions individuelles et pas seulement sur
des évènements collectifs ou impersonnels.
Flower
Flower
présente une lampe spécialement conçue pour s'ouvrir et offrir alors son plus
joli aspect, dès lors que l'on réduit sa consommation d'énergie. Une lampe
intelligente en somme qui réagit selon votre aptitude à ne pas laisser votre
consommation s'envoler plus qu'à la normale.
Il y a un
peu l'idée de récompenser l'utilisateur dans ce projet. Les objets nous
environnant pourraient réagir à notre comportement et nous rendre service à la
mesure de nos efforts pour préserver l’énergie.
Personnellement
je suis ouvert à ce qu’ils offrent un surcroît de beauté dans le cas où je suis
en accord avec mon environnement et le favorisent. Attention cependant car les
objets ne peuvent pas répondre à tout. Il faut parier aussi sur la capacité des
individus à se responsabiliser.
Energénie
Proposé
par le cabinet en écodesign O2 France Energénie est l'un des
projet qui m’a le plus séduit. Celui-ci vise à utiliser des câbles en fibre
optique de nouvelle génération (Mégafiber) pour faire circuler la lumière
naturelle du soleil d'un point géographique à un autre. La lumière est captée
par les câbles et est redistribuée à un emplacement différent. Ainsi en
fonction de la rotation du soleil les pays s'alimentent mutuellement en
lumière. Par exemple Paris s'illumine la nuit au moyen de la lumière naturelle
directement issue de Sydney.
Reste à
savoir si le coût de mise en place d’un tel projet est viable. Est-ce que ces
mêmes câbles peuvent servir aux individus pour échanger des données et
constituer une nouvelle architecture du réseau Internet, un réseau très haut
débit analogue à celui que plébiscite Jean Michel Billaut ?
Human
Power
Ce projet
proposé également par O2 France veut exploiter l'énergie humaine dégagée par
l'activité sportive pour la transformer en électricité et recharger les
appareils nomades. On y découvre notamment des semelles de chaussure qui
recharge votre lecteur mp3 au même moment que vous faites votre jogging.
La
récupération et redistribution « intelligente » de l’énergie suggérée
notamment par O2 France avec ce projet est une voie d’avenir sans aucun doute.
Moi qui
pratique le jogging régulièrement je verrais bien les villes équiper les airs
fréquentés par les joggers de revêtements au sol intelligents capables
d’emmagasiner l’énergie des pas de course. Stockées cette énergie serait
ensuite redistribuée à d’autres fins utiles.
On peut
penser qu'un jour les routes que nous emprunterons avec nos voitures soient
capables de la même prouesse.
Et peut
être pouvons nous aussi travailler dans l'optique que récupérer l'énergie
cinétique générée par nos véhicules. Ceux-ci alors deviendraient autosuffisant
en énergie.
L’exposition
So Watt d’ailleurs fait état de certains appareils déjà auto-suffisant dont
notamment la Radio FR250. Equipée d’une manivelle cette radio produit sa propre
énergie. Il y a aussi le chargeur de téléphone portable à manivelle de Freeplay qui est aussi à l’origine de torches à manivelle que l’on désormais plutôt facilement dans le commerce.
L’autosuffisance
en énergie de nos appareils et comme je le pense de nos moyens de locomotion,
est sans doute elle aussi une voie d’avenir. Bon avec manivelle ça reste voir
car ça peut en rebuter certains … mais l’esprit est là.
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